27/05/2004

La sieste (suite) Je regarde la pauvre victime, blême,

La sieste (suite)
 

Je regarde la pauvre victime, blême, blanche comme un cadavre. Elle tente encore de récupérer une dernière parcelle d’oxygène. Dans un instant, il sera mort… Il doit certainement y penser, décompter les dernières secondes qui le séparent de l’au-delà. Non loin de moi, on s’affaire. Un consortium s’est organisé. C’est très probablement de mon sort qu’il est question. Que va-t-il m’arriver maintenant… Vais-je trépasser comme ce pauvre malheureux ou vont-ils décider de me laisser la vie sauve. Un gros balafré s’approche enfin de moi. Le verdict est proche et je sens malheureusement qu’il ne me sera pas favorable.

 

17h46. Me voilà poussé une nouvelle fois, mais cette fois-ci à coup de barre de fer vers un recoin de la ruelle. Leurs brutalités successives me transpercent le corps. Je sens mes muscles, mourir l’un après l’autre. Je suis meurtri à l’extérieur mais également à l’intérieur de ce qui ressemble plus à une carcasse en décomposition qu’à un squelette entier d’être humain. Cela fait à peine deux minutes que cela dure… j’ai l’impression qu’il y a une éternité qu’ils ont commencé à me torturer. Ils jubilent en plus. Ils s’esclaffent de rire. C’est le gros balafré qui prend le plus de plaisir. Il est d’un sadisme débordant et ne s’arrêtera très certainement que lorsqu’il fera face à un corps sans vie. Bizarrement, les douleurs commencent à se faire moindre. Je me détache petit à petit de ce qui me sert d’enveloppe corporelle. Je les vois s’acharner sur cet amas de chair qui n’est déjà plus mienne. Je surplombe la scène du crime. Je peux enfin tous les distinguer. Il y a bien entendu le gros balafré dont la masse semble encore plus imposante que lorsque je l’avais en face de moi. A ses côtés, quatre autres malabars. Ils ressemblent aux Village People. Il y en a un qui passe pour être un maçon. Deux autres qui semblent sortis de la série Chips et le dernier qui porte sur lui autant de bijoux que Mister T lui-même.

 

Soudain, l’un d’entre eux s’exclame :

 

« Je crois qu’il a eu son compte »

 

17h47. Je le pense aussi, me dis-je. Mais impossible de leur faire comprendre. J’ai beau crier dans toutes les langues que le pauvre gars n’est déjà plus de ce monde, ils ne m’entendent pas. Le pauvre gars, c’est moi. Robert H., 30 ans, presque 31, sans attache, sans famille, sans vie aujourd’hui.

 

Il ne me reste plus que quelques minutes avant de dire adieu à ce monde qui m’aura vu naître il y a de cela 3 décennies. Même pas le temps de dire au revoir à ceux que j’aime. Mon père, ma mère, ma sœur, mes amis. Tout ceux sur qui j’ai toujours pu compter et que je ne pourrai jamais remercier. Je repense à mon enfance, à mon adolescence… tout va vite… tout se déroule comme dans un film vidéo passé une fois au ralenti, une fois en accéléré. Je n’ai plus mal. Mes organes s’éteignent l’un après l’autre. Plus de sensation dans les pieds, dans les jambes, le bassin… les doigts et les bras se raidissent. Les veines du cou ressortent comme si elles étaient prêtes à gicler. La bouche et les lèvres se ferment. Le nez se bouche de tout oxygène. L’audition a déjà elle totalement disparue. Les informations ne parviennent plus au cerveau. Ca y est…

 

A suivre...




09:39 Écrit par Carpe Diem | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

... "Les informations ne parviennent plus au cerveau"... mais chez toi ça fait longtemps qu'elles ne parviennent plus au cerveau non? ;-)) je sais tu m'emmerdes! LoLL
Je rigoooooooooole continue surtout à écrire et ne doute pas tant de ton talent d'écrivain ;-)

Bisoussss

Écrit par : Babylou | 27/05/2004

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