27/05/2004

La sieste: (suite) Le temps cosmique a disparu. Un

La sieste: (suite)
 

Le temps cosmique a disparu.

 

Une ambulance déboule toutes sirènes hurlantes. Deux hommes en tenue jaune s’en extirpent. A peine arrivés devant ce qui reste de ma pauvre personne qu’ils me prodiguent les premiers soins. Massage cardiaque. Il durera 20 minutes. Electrochocs pour faire redémarrer le cœur. Mais rien n’y fait. Ils ne peuvent que constater le décès. Et moi qui observe la scène du haut de mon perchoir, je ne peux que constater que je ne fais plus partie de ce monde. Quelle drôle de sensation. Je suis en pleine forme. Je n’ai pas mal. J’ai même cette stupide impression de me trouver dans la peau d’un surhomme. Je suis invincible. J’ose à peine l’avouer mais je me sens comme un Général au milieu de ses troupes, prêt à affronter vaille que vaille l’ennemi en face de lui. Rien ne pourrait me résister à cet instant. Je n’ai peur de rien, ni de personne. Drôle de sentiment. Moi, qui pensait que la mort n’était faite que de souffrance, me voilà délivrer d’un doute. La mort est belle. Elle est vivifiante. Elle vous donnerait presque envie de mourir une seconde fois tant le passage vers l’au-delà s’est déroulé sans le moindre problème, dans une quiétude quasi monastique.

 

J’ai presque envie de crier aux personnes juste en dessous de moi :

 

« Hey, les gars, laissez moi mourir en paix et remballé tout votre matériel ! »

 

Mais j’ai beau essayé d’attirer leur attention, ils ne me voient pas et n’entendent rien. Alors, je décide d’aller plus prêt d’eux. Pas simple de se déplacer en l’air. C’est moins facile qu’il n’y paraît. Je pensais pourtant en regardant les oiseaux volés qu’il n’y avait rien de plus aisé à accomplir ce mouvement. Mais j’avais oublié que la nature ne m’avait pas muni d’ailes. De plus, il est difficile de se mouvoir lorsqu’il n’existe plus de support pour poser ses pieds. Je me sens comme un astronaute en apesanteur sauf que moi, je ne redescendrai plus jamais sur terre.

 

Après quelques tentatives infructueuses, j’arrive enfin à trouver le truc. Il suffit simplement de se laisser aller, de ne pas penser aux gestes que l’on accomplit. Voici donc la première leçon que je tire de cette mort inopinée : ne plus penser, juste se laisser aller.

 

J’ai bien trop pensé au cours de ma misérable vie. Tellement que j’en ai perdu du temps. Trop. Au final, le bilan est bien maigre. Pas de femme, pas d’enfants, très peux d’amis et un boulot de merde. A cause de quoi ? A cause du fait que je ne pouvais pas m’empêcher de me remettre systématiquement en question une fois qu’il me fallait prendre une décision.

 

Je suis persuadé que vous vous demandez comment est habillé un mort. Existe-t-il une mode là haut dans les étoiles ? Pas vraiment. Tout y est uniformisé. Pantalon blanc, chemise blanche, chaussettes blanches et chaussures blanches. C’est sympa mais j’ai peur de m’en lasser assez vite. Quand on est mort, on ne voit plus non plus les minutes s’égrener. La notion du temps n’existe plus. Les horloges se sont arrêtées. On se retrouve dans un espace où seuls les nuage sont un point de repère.

 

A suivre...


19:26 Écrit par Carpe Diem | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Casse-pied(s)! Maintenant on devrait à chaque coup perdre 2sec (bien plus encore) pour cliquer sur le lien et attendre que la page s'ouvre.. pfff ;-)

Écrit par : Strano | 27/05/2004

Sous-entendre! Ooooh riiieeen, vraiment rien!
Enfin... ... si peu,... si peu!!!

;)))...)))

Écrit par : strano | 27/05/2004

et que demande le peuple... ;o))))

Écrit par : valou | 27/05/2004

yes bonne initiative ;)))

bon réveil ;)

Écrit par : imagine | 28/05/2004

t'as raison de changer de blog j'espère que sur celui-là, tu parleras des aventures de KIKI!

Écrit par : Kiki | 28/05/2004

je ne suis pas encore allé voir peut-être ai-je craint le propriétaire hurlant va t'faire voir
et puis j'ai des doutes, je vois qu'une dame imagine parle l'anglais
que peut-elle donc comprendre de nos petites affaires au royaume du Danemark
qu'imagine -t-elle, un écrivain qui taille la pelouse, un descripteur de foin, un composteur écologique, que sais-je encore, moi qui n'ai connu d'herbe
que dans ce fameux blé....

Vinca me pardonnera, mais je suis parti avec la carte de banque, cela me semblait plus raisonable que de poursuivre le jardinage.

Écrit par : xian | 28/05/2004

... J'avais entendu parler de la multiplication des pains...
Ici, c'est la multiplication des blogs ! lol
Un miracle de la technologie dont je me réjouis... ;-)

Écrit par : Diabola | 28/05/2004

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