14/05/2004

La sieste (suite)17h35, je reprends ma lecture… je n’ai

La sieste (suite)

17h35, je reprends ma lecture… je n’ai pas avancé d’une ligne, quant à la fatigue, elle se fait de plus en plus pressante… Je me sens partir dans mes songes… Je pense à toutes ces femmes que j’ai pu connaître, à leurs sourires, à ce qu’elles m’ont apporté chacune, au gré de nos rencontres. J’essaye pourtant de tenir le coup, de ne pas perdre pieds. Je m’enfonce dans les profondeurs du sommeil. Je me sens attiré comme un aimant vers l’autre côté du miroir. Je sors de cette endroit dans lequel je ne me sens pas bien. Je me retrouve à une vingtaine de mètres de hauteur. Je surplombe la scène et me voilà en train de voler auprès des oiseaux. Transperçant les nuages, je fonce vers cet inconnu qui me tend les bras. Je m'égare, mais qu'importe, je suis libre de tout mouvement

En bas, la ville continue de vivre. Les voitures roulent, les piétons marchent, les magasins se remplissent et se désemplissent. Un mari injurie sa femme. Un chien fait ses besoins sur un trottoir. Un homme regarde passer les filles en mini jupe… Et moi, je poursuis mon voyage. Je me situe entre deux mondes. Celui de bruit et celui du silence. Ca doit être ça, attendre la mort…

17h36, Je me réveille en sursaut. Le bus n’a toujours pas avancé d’un poil. La nausée me prend, j’ai besoin de sortir, de respirer de l’air frais. Et dire qu’il reste encore 25 minutes de trajet, je ne vais jamais tenir le coup. L’ambiance est suffocante et il y a de plus en plus de monde qui se pressent autour de moi. Ils me collent, me touchent, je respire leur odeur… ça me remonte. J’essaye bien d’en repousser l’un ou l’autre mais rien n’y fait. Coup de frein subit de la part su chauffeur. Une femme perd l’équilibre et se retrouve sur mes genoux, comme un cadeau qui tombe du ciel. Je la surprends, gênée. Elle me dévisage. Me sourie timidement. Elle cherche le contact. J’ai bien envie de lui répondre mais j’ai la trouille de paraître pour un idiot. Alors je préfère me taire. A chaque fois, c'est pareil. Lorsque je me retrouve en présence de quelqu'un du sexe opposée, je deviens vulnérable. Je suis le petit possin tombé du nid qui recherche sa mère. Je suis un enfant apeuré perdu au beau milieu d'un foule hostile. Elle se relève finalement, l’air défait comme si elle venait de perdre une bataille. Elle semble désabusée et résignée. Moi, je suis soulagé.

17h37, là, ça devient carrément insoutenable. Si je ne sors pas tout de suite, je risque de gerber sur l’un d’entre eux. J’essaye de me calmer. Je mets en pratique les consignes pour une bonne méditation que j’ai trouvées récemment sur un site Internet. Inspirer… expirer… inspirer… expirer. Non, décidément, rien ne fonctionne. Je pense à ce maître bouddhiste que j’ai vu l’autre soir à la télévision. Il adoptait une posture assez bizarre. Il était assis en dessous d’un arbre, les jambes repliées, les bras tendus vers le ciel, implorant je ne sais quelle divinité. Le visage apaisé, il faisait une totale abstraction de l’ambiance frénétique autour de lui. Il était en paix avec lui-même, je pense. Je voudrais bien en être autant avec moi…

A suivre...

11:33 Écrit par Carpe Diem | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

ahhhh encore... lol

Écrit par : valou | 14/05/2004

. moi ds tous les cas si j'essaie de lire ds le tram...y'a pas moyen...juste une exception pour harry potter. mais sinon, je préfère profiter du trajet pour soit me rendormir une dernière fois avant aller boulot... ou pour faire une sieste bien méritée après boulot...

bref, la sieste ds les TEC...pour moi, c'est vraiment la sieste ;-)

Bonne lecture alors segnor

Écrit par : englishbob | 14/05/2004

La suite... vite la suite.... ;-)

Écrit par : Marie | 14/05/2004

La, tu me tiens vraiment en haleine. j'aime bcp, continue on veut la suite.

Bisous

Écrit par : Cats | 14/05/2004

... tu as des talents cachés... c'est bien, on attends la suite...

Écrit par : joey | 14/05/2004

Cette foule.. ... oppressante, qui te vole ton air, ton carré d'existence, ton "mini-espace vital", qui entraine ton âme dans un vertige incontrôlable. Tu es a l'affût du moindre courant d'air frais qui, en fermant les yeux, pourrait te transporter seul sur une plage de Bretagne, face à l'écume de l'océan. Mais les gens sont sourds à la détresse humaine et t'enferment dans ce qui devient ton calvaire...

Joli récit, continue! Bonne journée

Écrit par : DonnieD | 14/05/2004

mise en texte réussie et agréable, mais ta trop-trop foiré avec la fille !!!
Fallait lui proposer les genoux ou la place :$
bon w-e :)

Écrit par : Phil | 14/05/2004

... si j'ai une sainte horreur de toutes ces peaux moites inconnues qui te frôlent et te bousculent, avec ces parfums d'un "chez soi" qu'on ne connaît pas, c'est pourtant là le lieu privilégié de toutes les rêveries... Je me sens comme chez moi dans ce texte...

Mon passage préféré, "En bas, la ville continue de vivre. Les voitures roulent, les piétons marchent, les magasins se remplissent et se désemplissent. Un mari injurie sa femme. Un chien fait ses besoins sur un trottoir. Un homme regarde passer les filles en mini jupe… Et moi, je poursuis mon voyage. Je me situe entre deux mondes. Celui de bruit et celui du silence. Ca doit être ça, attendre la mort…"


Écrit par : ptitanne | 14/05/2004

et ..... .....en attendant ....
Je te souhaite un trés bon we ....;-))))

Écrit par : biogenetique | 14/05/2004

... concernant la soirée je t'enverrai l'invitation qui en dit long, c'est une soirée rencontre ( pas pour former des couples ;o)))

Écrit par : poète guerrier | 15/05/2004

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